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De la servitude volontaire

 

Pour résoudre définitivement la question sociale, il(s) propose(nt) de partager l'humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau Dostoievski ( Les possédés p 401) .. »

 

 

De la servitude volontaire ;

"Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude."


" Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante — et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter — puisqu’il est seul — ni aimer — puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts." 

 

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Envoyé par Laura


De La Servitude Moderne  par ClaVieFrere2011

 

 

Cela aurait pu être pire...


Hier, les marchés ont léché leurs plaies et se sont doucement remis des déclarations de Janet Yellen sur un changement de politique des taux d'ici le printemps prochain (r un résumé ici...).

Au fond,  le mouvement de recul a été plutôt limité :

La conséquence sur les marchés a surtout été notable sur l'obligataire ainsi que sur le billet vert. Mais, objectivement, pour la partie indices, les mouvements sont tout de même restés d'une ampleur assez limitée. Certes, les indices américains se sont légèrement repliés mercredi soir. Toutefois, le S&P 500 tient encore de nouveau au-dessus des 1 850 points. Pour l'heure, à l'image d'un CAC qui hésite légèrement sous les 4 300 points, prudence.


Nous allons nous intéresser à ce qui ressemble de plus en plus à une guerre tiède entre la Russie et les Etats-Unis, conflit attisé la semaine dernière par la déclaration de certains responsables politiques américains souhaitant utiliser l'arme du gaz de schiste contre la dépendance énergétique de l'Europe à la Russie. Quant un conflit politique s'envenime de questions économiques, on peut craindre le pire.

Mais les Etats-Unis ont-ils les moyens de leurs ambitions ? Peuvent-ils vraiment devenir un des principaux exportateurs de gaz et de pétrole de la planète ?

La guerre froide... du gaz

Qui aurait pu prédire il y a quelques semaines les conséquences de la montée de la contestation politique en Ukraine ? Dans le domaine géopolitique tout d'abord.

La crise ukrainienne nous donne l'occasion de prendre conscience qu'antagonismes et préjugés entre Russes et Occidentaux sont loin d'être morts avec la chute de l'URSS. Comment interpréter autrement les multiples articles et commentaires pointant du doigt l'impérialisme russe et utilisant Poutine comme tête de turc ? J'imagine que les médias et commentateurs pro-russes s'en donnent aussi à coeur joie sur les ambitions américaines et les timides tentatives des Européens pour faire respecter "le droit international".

Difficile dans l'état actuel des choses de connaître les conséquences politiques sur le long terme de l'affaire russe mais il semble bien que le rattachement de la Crimée à la fédération russe soit entérinée sinon en droit mais dans les faits.

Certaines voix se sont levées outre-Atlantique pour inciter Obama à utiliser l'arme énergétique contre la Russie

Quant aux conséquences économiques, je m'y étais déjà intéressée dans de précédentes Quotidiennes mais, entre-temps, quelques déclarations américaines ont légèrement changé la donne.

L'arme énergétique en action
En effet, la semaine dernière, certaines voix se sont levées outre-Atlantique pour inciter Obama à utiliser l'arme énergétique contre la Russie. "L'Amérique a non seulement le droit de développer et de commercialiser ses ressources naturelles ; au vu du danger croissant, elle en a l'obligation", a ainsi déclaré le président (républicain) de la Chambre des représentants, John Boehner, au Wall Street Journal.

Sous-entendu : les Etats-Unis devraient voler au secours de l'Europe en exportant vers elle gaz et pétrole et lui permettre ainsi de réduire sa dépendance au gaz russe (25% de notre consommation provenant en effet de Russie).

Pour les chantres de ce "plan Marshall" de l'énergie, le gaz américain serait donc un formidable moyen de pression économique et politique sur Poutine. Hum...

Des réserves très stratégiques
Pour ne rien arranger, ces déclarations se sont faites de manière concomitante à une importante décision prise par le gouvernement américain : celle de libérer une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole.

Créées dans les années 70, après le Premier choc pétrolier, ces réserves doivent permettre aux Etats-Unis de faire face à une rupture de l'approvisionnement en pétrole pendant quelques jours à semaines.

L'explosion de l'exploitation du gaz et du pétrole de schiste a profondément bouleversé la donne

La constitution de ces réserves s'est accompagnée de l'interdiction d'exporter du pétrole et du gaz vers la plupart des pays.

Mais l'explosion de l'exploitation du gaz et du pétrole de schiste a profondément bouleversé la donne. En quelques années, les Etats-Unis sont redevenus des acteurs de premier plan du monde des hydrocarbures. Fin 2014, le pays est ainsi devenu le premier producteur de pétrole au monde devant l'Arabie Saoudite mais aussi de gaz, devant... la Russie.

Grâce à cette manne, les réserves stratégiques de pétrole américaines atteignent aujourd'hui l'équivalent de 210 jours de consommation, bien au-delà de la limite imposée de 90 jours.

Je ne suis pas sûre que la décision américaine de libérer une -- petite -- partie de ses réserves stratégiques soit liée à l'Ukraine mais elle rappelle à tous que la manne énergétique que représentent le gaz et le pétrole de schiste sont un atout majeur -- que certains voudraient utiliser aussi bien économiquement que politiquement.

Etats-Unis, nouveaux exportateurs ?
L'exportation de pétrole n'est toujours pas à l'ordre du jour mais celle du gaz, oui. Les Etats-Unis exportent déjà leur production vers certains pays comme le Mexique ou le Canada mais pas vers l'Europe. Ce qui pourrait bientôt changer si l'on en croit les récentes déclarations de Washington.

Les Etats-Unis pourraient-ils rapidement devenir un de nos principaux fournisseurs de gaz, capable par exemple de concurrencer la Russie ? Ce n'est pas si simple.

Les Etats-Unis pourraient-ils rapidement devenir un de nos principaux fournisseurs de gaz, capable par exemple de concurrencer la Russie ?

Un problème de droit
Tout d'abord pour une question légale. Les exportations de gaz sont strictement encadrées par le gouvernement américain. Sur les 21 demandes d'exportations déposées jusqu'à présent, 6 seulement ont été autorisées. Et le début des exportations n'est pas prévu avant, au mieux, plusieurs mois.

Tout reste à créer
Autre problème : le manque d'infrastructures. Les gazoducs permettront d'approvisionner les voisins des Etats-Unis mais pas l'Europe... à moins d'envisager la pharaonique construction d'un gazoduc sous l'Atlantique.

Reste donc le transport maritime, sous forme de gaz liquéfié, le GNL. Le processus de liquéfaction du gaz nécessite cependant d'importants investissements dans des terminaux exportateurs. Le premier d'entre eux, installé en Louisiane, ne devrait entrer en fonctionnement que l'année prochaine.

Au-delà de ces terminaux, c'est tout le réseau de transport et la transformation du gaz américain qu'il faut revoir.

Jusqu'à présent, celui-ci était destiné à recevoir du gaz importé de l'étranger, le regazifier puis le transporter vers les zones de consommation. L'exploitation des gaz de schiste a obligé à un bouleversement -- une inversion même -- de ce circuit : il faut maintenant transporter le gaz produit sur le sol américain non seulement vers les zones de consommation mais vers les futurs sites d'exportation. Une modification en profondeur qui ne se fait pas en un jour et qui nécessite un important investissement financier.

C'est tout le réseau de transport et la transformation du gaz américain qu'il faut revoir

Exporter ou ne pas exporter ? Telle est la question...
Enfin, le développement de l'exportation de gaz est loin, très loin de faire l'unanimité au sein de la classe politique et de l'opinion publique américaine. En effet, certains craignent qu'elle entraîne une importante augmentation des prix du gaz sur le territoire américain. Le graphique ci-dessous illustre l'importante disparité des cours moyens du gaz à travers le monde en 2012. Entre les 3 $ le MMBtu aux Etats-Unis et les 16 $ au Japon, la différence est de taille.

Diamant 1

 

Si bien que certains anticipent une flambée des cours du gaz aux Etats-Unis, ce qui pénaliserait consommateurs et entreprises.

La demande mondiale en gaz est tirée par l'Asie et tout particulièrement par le Japon. Une demande qui n'a fait que croître depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 et l'arrêt des centrales nucléaires japonaises. Les Japonais sont donc prêts à payer leur gaz... et cher. Ce qui ferait augmenter automatiquement les cours.

Une grande partie de la classe politique américaine milite donc fermement pour le maintien la "préférence nationale" en matière d'énergie.

En outre, l'importance de la demande asiatique est telle (70% de la demande actuelle) que le principal d'une potentielle exportation de gaz américain prendrait le chemin du pays du Soleil Levant et non pas les rivages du Vieux Continent.

Il me paraît fort improbable dans l'état actuel que nous puissions dans les années qui viennent nous passer du gaz russe. Et tout aussi improbable que les exportations de gaz américain incitent Poutine à reculer sur la question de la Crimée.

 

La demande mondiale en GNL est en constante progression, portée aussi bien par la demande des émergents, de l'Asie que de l'Europe

Cependant, je le dis et le répète, la demande mondiale en GNL est en constante progression, portée aussi bien par la demande des émergents, de l'Asie que de l'Europe. Shell prévoit ainsi un doublement de la demande mondiale dans la décennie à venir.

 

Sur le marché français, sachez que GTT, une des start-up les plus innovantes au monde sur les membranes pour le GNL, va bientôt s'introduire en Bourse. La société de Saint-Rémy-lès-Chevreuse équipe 70% des méthaniers actuellement, et 93% de ceux actuellement en construction. Avec 30% de son budget consacré à la R&D et 561 brevets, la société est une étoile filante. Elle affichait tout récemment encore une marge impressionnante de 55%

 

Ecouter parler le fracas... ZEC plus Ultra

 

Il faut rappeler, constamment, au chef, qu’il est beaucoup moins chef qu’il ne le croit, et, et que… le dernier mot appartient au peuple."

Entendu par Allan B

Urgent crier

 

"Parler le Fracas"

 

Tout le monde connaît la suite de ce conte [Une pluie d'étoiles, des frères Grimm].

 

"Enfin, si l’on voit non pas cent, non pas mille hommes, mais cent pays, mille villes, un million d’hommes ne pas assaillir celui qui les traite tous comme autant de serfs et d’esclaves, comment qualifierons-nous cela ? Est-ce lâcheté ? Mais tous les vices ont des bornes qu’ils ne peuvent pas dépasser. Deux hommes, et même dix, peuvent bien en craindre un ; mais que mille, un million, mille villes ne se défendent pas contre un seul homme, cela n’est pas couardise : elle ne va pas jusque-là, de même que la vaillance n’exige pas qu’un seul homme escalade une forteresse, attaque une armée, conquière un royaume. Quel vice monstrueux est donc celui-ci, qui ne mérite pas même le titre de couardise, qui ne trouve pas de nom assez laid, que la nature désavoue et que la langue refuse de nommer ?..."

Étienne de La Boétie
Discours de la servitude volontaire ou le contr'un

 

Au milieu du XVIème siècle, Etienne de la Boétie cherchait à comprendre le rapport domination d’un homme sur son peuple réduit à la servitude. Son discours  remettait  en cause  la légitimité des gouvernants ( maîtres et tyrans) qu'ils aient acquis leur statut par l'élection, la succession ou la violence.

 

L'idéologie mercantile a tous les étages : Logique néolibérale  : Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi,  L'argent sans foi ni loi 2, Ayn Rand, pasionaria du...Serge Halimi - Le Grand Bond en Arrière
Rencontre avec Jean-Christophe Rufin, à l'occasion de la parution de Globalia http://www.gallimard.fr/catalog/entretiens/01050269.htm
 
Qu'est ce que le capitalisme : Comprendre le capitalisme japonais, Comment s'endetter ? , le capital financier , Le nouveau capitalisme



21/04/2014
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